Société en Général
Je ne suis pas, loin s'en faut d'ailleurs, un expert en finances. Ma connaissance du monde des marchés se limite au livret A, au Plan d'Epargne Populaire. Si j'ai déja entendu les termes SICAV, FCP ou OPCVM, je ne sais dire ce à quoi ils correspondent.
Ce que je sais, par contre, c'est que la gestion d'un compte en banque, du moins quand on lit les "conditions générales de comptes", doit se faire "en bon père de famille".
Un bon père de famille, c'est celui qui fait en sorte, tout au long du mois, que l'argent rentré au début de celui-ci suffise à alimenter toute sa smala au long de ce mois, qui s'assure de pouvoir payer ce qu'il a à payer et qui ne prend pas le risque de se retrouver à court d'argent au milieu du mois.
Le bon père de famille fait en sorte que l'argent dont dispose le ménage soit réel, il ne parie pas sur le virtuel et fait en sorte de pouvoir payer les prochaines vacances, les lunettes du petit dernier ou l'appareil dentaire de la plus grande.
Bref, un bon père de famille fait ce qui est bon pour sa famille, et il s'y engage contractuellement.
Maintenant, déplaçons le principe à la banque, détentrice provisoire des fonds de cette tribu. Ne doit elle pas faire, elle aussi, une gestion "bon père de famille" ? Ne doit elle pas s'assurer, elle aussi, que l'argent qu'elle a en caisse sera suffisant pour le mois en cours ?
Apparemment, non. La banque a tous les pouvoirs, même celui de dépenser outrageusement et sans complexe l'argent de ses clients, mettant ainsi en péril la pérennité des fonds que le papa lui a confiés.
On dira ici ou là que ce n'est pas une banque qui a "merdé" mais un de ses employés. Cet employé n'est rien d'autre qu'un lampiste. S'il a "joué" avec cet argent, c'est parce qu'on le lui a demandé. Et même si on ne le lui a pas formellement demandé, c'est la course à la performances, aux stock options et autres "gratitudes" salariales qui l'auront poussé à agir de la sorte. Aucun être humain normalement constitué ne peut, de son propre chef, prendre la décision de risquer des sommes si colossales que celles que ce trader aurait jouées.
Admettons donc qu'il ait pris la décision, un beau matin sous sa douche, de perdre quelques milliards d'euro. Admettons même qu'il soit si doué qu'il ait pu tromper tous les systèmes de sécurité, d'alerte et de surveillance que son employeur a mis en place.
Le fait qu'il ait pu les tromper montre qu'ils n'étaient ni fiables, ni efficaces. La responsabilité globale repose donc sur l'employeur, pas sur l'employé. L'employeur est responsable, par délégation, des actes de ses salariés et doit en supporter les conséquences.
Le principe du "toujours plus" que la société, en général, a admis comme un mode de fonctionnement normal, explique a lui seul ce type de dérapages. Si la motivation ne reposait pas sur "plus values", "valorisation", "gains" et "prises de positions", il y a fort à parier que ce type d'évènement n'arriverait pas.
Il y a bien longtemps de cela, on parlait de boni. Le principe du boni était qu'une tache donnée devait être réalisée dans un temps défini au préalable. Si on parvenait à la traîter plus vite, on était bonifié et gratifié sur le salaire. Dans le cas contraire, pénalité sur cette bonification. Le système avait l'avantage de créer une émulsion poitive entre les salariés, dont les bonis étaient liées les uns aux autres. Globalement donc, les efforts des uns servaient les autres et c'était la collectivité en elle même, en tant qu'entreprise, qui en bénéficiait.
Ca s'appelait l'industrie. On poussera des cries de vierge effarouchée en parlant d'esclavage, d'asservissement à la tâche, ...
Je préfère parler de collectivité, de communauté et de mise en commun de l'effort.
Je ne vais pas poursuivre sur le sujet, ca ne servirait à rien et peu de monde lira ce billet. A moins que je ne vous promette des stock options du blog si vous le faites ?
A Bientot,
Olivier
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